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Ailleurs. Pratique de la psychanalyse (Le Retrait)

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Ouverture

« Il faut cliniquer. C’est à dire se coucher. La clinique est toujours liée au lit – on va voir quelqu’un couché. (...). Et on n’a rien trouvé de mieux que de faire se coucher ceux qui s’offrent à la psychanalyse dans l’espoir d’en tirer un bienfait, lequel n’est pas couru d’avance, il faut le dire ». Jacques Lacan, Ouverture de la Section clinique de Vincennes le 5 janvier 1977.

La psychanalyse relève d’abord et avant tout d’une pratique. Singulière, certes, mais pratique. Et Lacan de préciser « … une pratique de bavardage. » Sachant qu’« aucun bavardage n’est sans risque… »1 Bave hors d’âge, avançais-je dans un texte paru dans la Lettre de l’ECF.2 Cette pratique exige la mise en place d’un praticable, le dispositif ; mais aussi ne reste vivante qu’au prix d’une praxis incessante. Pratique, praticable, praxis forment une tresse à trois brins sans laquelle rien ne tient. On a vu récemment des dérives inquiétantes : l’assimilation pour certains de la pratique analytique à la philosophie, la linguistique, les mathématiques, la topologie3 ; voire des associations curieuses, dignes des chimères du moyen-âge : psychanalyse et PNL, psychanalyse et neurosciences etc…On en produit des cours à l’Université ; on a même vu un groupe de psychanalystes poser en défenseurs d’un candidat à l’élection présidentielle ; d’aucuns se pavanent à la télé supposés avoir réponse à tout ; des livres sortent de vulgarisation… vulgaire. Bref la psychanalyse, battant le pavé, est passée au rang d’objet du marché et se diffuse largement sous le porte-voix du discours du maître. Les dérives moralistes détournant les enseignements de Dolto et quelques autres, ont largement envahi le champ social, produisant un nouveau surmoi d’autant plus féroce que les arcanes de l’inconscient s’y présentent à ciel ouvert. Or la praxis, mode de traitement du réel par le symbolique, exige une pratique de l’ombre, loin des flonflons et des mondanités. La psychanalyse est ailleurs, toujours ailleurs. Elle relève de l’effort de chaque praticien pour supporter, à partir de sa propre expérience dans le secret de la cure, la rencontre avec le réel de l’inconscient, chez autrui. C’est du terme de transfert que Freud désigne ce processus. La psychanalyse se fait passe-muraille et passager clandestin d’un navire capitaliste en perdition.

« Une pratique n’a pas besoin d’être éclairée pour opérer », déclarait Jacques Lacan. Certes, mais est-ce si sûr ? Toute pratique est infiltrée, informée, nourrie de représentations plus ou moins conscientes. L’analyste se doit cet effort d’une mise en travail permanent de la pensée, voire de l’« appensée », pour soutenir son action, comme prolongement de sa propre cure. En effet, précise Freud : « La formation (de psychanalyste) s’acquiert au mieux… lorsqu’il la vit à même son corps. L’enseignement théorique de l’analyse, en effet, ne conduit pas à une profondeur suffisante et ne suscite aucune conviction. »4 Cette mise en œuvre d’une praxis n’a rien d’un savoir préfabriqué, il opère à partir, comme le dit James Joyce de son œuvre, d’un work in progress. L’illusion serait, comme d’aucuns le soutiennent, d’en constituer un savoir dogmatique, figé, transmissible tel quel. Or c’est bien là que le bât blesse, la psychanalyse n’est pas transmissible comme doctrine. Ni d’ailleurs comme vision du monde. La psychanalyse ne propose pas une Weltanschauung, nous avertit Freud dans ses Nouvelles conférences. « Une Weltanschauung est une construction intellectuelle qui résout, de façon homogène, tous les problèmes de notre existence à partir d’une hypothèse qui commande le tout. »5 A chacun de construire sa solution !

Chaque praticien qui se lance, bien souvent sans en mesurer toute la portée, dans ce travail - dans ce métier, car c’en est un - a justement pour tâche de remettre sans cesse sur le métier les mots de la tribu qui en balisent l’exercice. Inconscient, refoulement, transfert6 etc… constituent autant de signifiants qui balisent cette profession, mais dont on ne peut se parer comme d’une guirlande - sauf à se faire enguirlander ! On ne saurait, dans l’exercice singulier de ce métier qui relève plus d’un art que d’une science, fétichiser ni le dispositif, ni les inventions théoriques qui le sous-tendent. Au contraire, à travers ces signifiants « comme-un », que l’on a beau tenter d’apprivoiser dans des vocabulaires et autres dictionnaires spécialisés, sans en gommer jamais une certaine sauvagerie, une certaine arrête, il revient à chaque analyste de les revisiter et de les labourer sans cesse, à la lumière et dans le mouvement de ce que la pratique lui impose. Nos aînés, de Freud à Lacan, en passant par Mélanie Klein, Dolto, Winnicott et tous les autres … s’ils nous ont transmis quelque chose, outre les balises signifiantes de la pratique, c’est l’amour de cette mise en mouvement, la passion pour le toujours nouveau, l’inconnu, l’inouï, l’insu.

La saveur du réel7. Ce qui échappe : autre définition de l’inconscient. « La théorie est grise, mais l’arbre de la vie reverdit sans cesse », aimait à dire Freud dans la foulée du Faust de Goethe. Pour penser sa pratique l’analyste fait flèche de tout bois. Il construit ainsi sans cesse, comme aima à le titrer Maud Mannoni, une « théorie comme fiction »8, en relançant au gré des rencontres et surprises de la clinque la fiction comme un incessant travail de théorisation. Dans cette tentative théorique inachevée et inachevable, la clinique analytique pousse le praticien à un tissage d’essence mythologique. Ce que souligna Freud en son temps en désignant les pulsions comme « notre mythologie » et la métapsychologie comme « sorcière ». Lui-même inventa un mythe d’origine : totem et tabou ; auquel plus tard Lacan fait écho en peaufinant le mythe de la lamelle. Pour penser la question de l’origine, de l’humanité ou de chaque sujet, il n’est de recours possible qu’au mythe qui a pour fonction de border un trou réel inassimilable.

Au bout du compte nous ne saurons jamais ni l’origine de l’humanité, ni celle de chacun d’entre nous. Nous en sommes réduits à bricoler des mythes : mythes de création collectifs ou mythe individuel (du névrosé)9. La psychanalyse définit la pratique qui permet à chaque sujet de se coltiner la confrontation avec ce point d’énigme insoluble : qui suis-je ? Alors qu’aucun signifiant au monde ne peut clore la question…

Aucun signifiant, aucune représentation ne peut colmater pour le sujet ce trou dans le savoir, dans le pouvoir, dans l’avoir. C’est ce qui fait pour chacun « troumatisme » à l’origine. Le manque, constitutif de l’humain, recouvert bien souvent par les oripeaux de la personne sociale, revient en force dans le symptôme, chez les sujets comme dans les mouvements sociaux. Il demande à être pris en compte et bordé, voire brodé, avec les moyens… du bord. C’est à dire quelques bricolages pour constituer la margelle d’un puits sans fond, pour éviter de s’y noyer. Acceptons-le.

Dans cet ouvrage, fort de cette position de relance permanente, je propose de partager, sur la base d’une expérience déjà ancienne de plus de vingt-cinq années, mes élucubrations, bricolages et élaborations qui soutiennent pour moi cette pratique10. Ceci me paraît d’autant plus urgent que des plus jeunes, que je reçois dans mon cabinet en contrôle, me semblent bien perdus. Soit ils sont passés par l’Université et ne trouvent pas le lien entre les savoirs savants enseignés et cette pratique singulière. Soit ils se sont perdus dans les méandres de cures interminables qui ne leur permettent pas de lier la pratique aux signifiants qui la balisent. Soit enfin ils se lancent après une cure insuffisamment approfondie qui n’est pas sans impacts dans leur propre vie. L’enseignement de la psychanalyse se trouve aujourd’hui éclaté à travers la constellation de multiples associations, écoles, institutions qu’elles tiennent de l’PA ou du champ lacanien, qui fonctionnent peu ou prou dans l’entre-soi et finissent par se refermer sur des positions quasi sectaires et des théorisations dogmatiques.

C’est oublier que l’exercice même de la psychanalyse exige un effort d’élaboration constant, qui confine, quoiqu’en disent ceux qui veulent en construire une science, à une forme délirante. Freud ne rend-il pas en quelque sorte hommage à Schreber en évoquant dans une lettre adressée à Jung qui lui fit connaitre les Mémoires d’un névropathe11 que l’« on aurait dû (le) faire professeur de psychiatrie et directeur d’asile ». Et il ne manque pas de constater « une frappante concordance » avec ses propres avancées théoriques. Le délire de Schreber, en effet « … ressemble presque à quelque perception endopsychique de ces processus dont j’ai admis l’existence… ». Dans un de ses ultimes textes, « Constructions dans l’analyse »12, Freud ira jusqu’à substituer à l’interprétation une construction qui tient plus de l’invention surréaliste que d’une quelconque rationalisation. Ce qui importe n’est pas de savoir si l’interprétation est vraie ou fausse, précise-t-il, mais de voir, dans l’après-coup, si chez le patient elle touche juste ou non.

On peut même penser que parfois, « …la carpe de la vérité a été attrapée par l’appât du mensonge ». En ce qui concerne la technique analytique, Freud de préciser que le dispositif qu’il a inventé, il l’a fait à sa main, à charge à ceux qui lui succèdent de se l’approprier et d’y aller chacun selon son style.13 Nous trouvons le pendant chez Lacan lorsque dans son tout premier séminaire édité, amorçant une réflexion sur l’imaginaire, à partir de l’expérience du bouquet renversé, il nous invite à faire de « la psychanalyse amusante », car c’est « la véritable psychanalyse ». 14 Rien de plus sérieux que la psychanalyse amusante, à une condition : ne pas se prendre au sérieux. Le fou qui se prend pour un roi est assurément fou. Mais le roi qui se prend pour le roi l’est tout autant. Ajoutons à la série le psychanalyste qui se rend pour le psychanalyste…

Dans ce qui suit, construit tel un patchwork ou un labyrinthe où il s’agit de s’accrocher au fil d’Ariane, - différent pour chaque-un, évidemment, - le lecteur trouvera matière et invitation à penser et penser sans cesse, sans s’arrêter, ce que produit en lui la rencontre avec le filant d’une pratique dont rien ne permet de figer le mouvement. Celui qui attend de disposer d’un manuel, de conseils, voire de recettes en sera pour ses frais. Freud nous a transmis les grandes lignes d’une méthode (association dite « libre » ; attention dite « flottante » …) mais elle ne saurait être totémisée. Chaque analyste a en charge le renouvellement incessant de sa pratique. A partir de son expérience de la cure, car comme le précise Freud, je le martèle, l’analyse « s’apprend à même son corps », dans l’épreuve et l’éprouvé, mais aussi en fonction de la rencontre, à chaque fois nouvelle, avec chaque patient.

J’aborderai la question à la fois dans la cure analytique et dans ses extensions dans le champ social, notamment du travail dit « social », où un certain nombre de praticiens qui ne se sont pas laissé abuser par les sirènes du néo-libéralisme et de ses artéfacts, comme le cognitivo-comportementalisme, tiennent la main–courante de la psychanalyse pour se soutenir dans des actes d’accompagnement de sujets en grande difficulté d’inscription sociale.15 Cette position cependant n’est pas tenable si elle ne relève d’une invention permanente. Dans la cure comme dans les extensions de l’analyse dans le champ social rien ne se joue sans cette capacité de création des acteurs.

Deux glissements extrêmes et tragiques guettent nos sociétés hyper-modernes. D’une part le risque d’agglutinement et de dissolution des sujets dans des appareils communautaristes. Aujourd’hui des milliers de groupes d’appartenance viennent faire exploser le champ social qui garantissait, il n’y pas si longtemps, le sujet dans sa singularité, mais articulée à la loi du collectif. Ce qu’un adage du droit traduit bien : « tous égaux devant la loi ». Tous égaux ne signifie nullement tous pareils, bien au contraire, mais tous garantis, en tant que citoyens référés à la même loi, dans leurs différences. La pente communautariste, qui ne manque pas d’affecter et d’infecter les cercles analytiques, subvertit ce passage permanent entre subjectif et collectif. D’autre part, un autre risque patent voit la subjectivité ravalée au rang d’un individualisme forcené qui infiltre toute exigence d’assujettissement au vivre ensemble, au profit d’un « tout à l’ego » désarrimé des lois du vivre ensemble. Traduction nouvelle d’un « après moi le déluge » dont on peut constater aujourd’hui la prolifération tragique.

Ces deux mouvements extrêmes, destructeurs du lien social, le communautarisme et l’individualisme, se trouvent alimentés et légitimés en sous-main par le discours dominant, celui que Lacan à Milan en 1972 épingla de « capitaliste ». Le discours capitaliste branche les sujets manquants sur la consommation des objets manufacturés par le marché – ce nouveau dieu, Le Divin Marché 16, comme le désigne le philosophe Dany-Robert Dufour. Évidemment les ressorts de l’énergie psychique sont tels que cet appel à la libre circulation des biens et des pulsions tourne comme sur des roulettes. Mais ça tourne si bien que ça tourne au pire. Croyant consommer le sujet s’en trouve consumé et ravalé lui-même, corps et biens, au rang d’objet marchandable. Le capitalisme à pour essence de transformer tout ce qu’il y a sur terre en marchandise.

Le discours de l’analyste introduit, dans ce monde clos qui tourne si bien, un coin où la question subjective et la question collective, et leur nécessaire articulation, même si celle-ci s’avère frappée d’un impossible rejointement, font retour sur la scène sociale à nouveaux frais. Il n’est donc pas étonnant que la pratique de la psychanalyse soit née au moment où le capitalisme se déployait dans l’industrialisation et la technicisation de la vie et du travail des hommes. Le passage récent d’un capitalisme industriel à un capitalisme financier devenu aveugle, appelle d’autant plus ce travail de restauration du lien social. D’aucuns pensent que dans un tel contexte la psychanalyse n’a plus sa place. Périmée, hors d’usage, rétrograde, clament-ils ! Or la psychanalyse, dans ses extensions, notamment dans le champ du travail dit « social », ouvre une porte sur des perspectives nouvelles et révolutionnaires, où l’humain, loin d’être considéré comme une marchandise, retrouve sa dignité de penser et d’agir17. La psychanalyse, dans la cure comme dans le champ social et dans la cité, représente un traitement de l’humain, trop humain, dont l’excès, la démesure qui le caractérise, l’ubris des grecs anciens, ne cesse de le déborder, en soi et dans son rapport aux autres.

La psychanalyse constitue aussi, au-delà de la régulation de la jouissance de chaque sujet qui s’y prête, une force de résistance face à cette réification généralisée. Le lecteur s’étonnera de mon détournement de l’écriture de Lacan. J’utilise l’@ pour désigner l’objet a de Lacan dans la foulée d’une invention de mon amie Jeanne Lafont qui écrit que « Étant donné qu’a, « objet petit a », mérite le statut d’un signe plus que d’une lettre, j’ai choisi l’arobase pour le transcrire. »18 L’arobase provient d’une déformation récente du castillan arroba(s), qui désigne une unité de mesure de poids et de capacité (dite en français arrobe), en usage en Espagne et au Portugal, de grandeur variable selon les régions et selon les liquides (huile ou vin). Ce terme, attesté en Espagne depuis 1088, vient lui-même de l'arabe arroub, « le quart », pour un quart de l'ancien quintal de 100 livres, soit 12 kg environ. Depuis le XVIe siècle. Le mot arroba - parmi d'autres - s'est constamment écrit au moyen de l'abréviation « @ ». Le signe @ avec sa signification moderne remonte à l'écriture marchande de la Renaissance : outre ses valeurs comme abréviation, il sert couramment à écrire la préposition a (« à »), dès avant 1500 en Espagne puis en Italie et enfin dans d'autres pays d’Europe.

Cet usage international, relayé au XVIIème siècle par la préposition « à », influe enfin sur l'émergence du signe @ en anglais comme abréviation de la préposition équivalente at, pour indiquer le prix unitaire des marchandises (6 eggs @ $1, six œufs à un dollar, où @ est lu at). Il est adopté avec le même sens sur les machines à écrire américaines à partir de 1883 puis transposé sur les claviers d'ordinateur. En 1971, l'informaticien Ray Tomlinson, envoyant le premier message électronique de machine à machine, choisit d'utiliser ce signe comme séparateur dans l'adresse parce qu'il n'appartenait à aucun alphabet. En allemand: Klammeraffe (atèle ou singe araignée) ou Affenschwanz (queue de singe). En anglais : monkey tail, ape-tail (queue de singe). Récemment j’ai appris qu’en Espagne par souci d’écriture dite « inclusive » on marque du @ le féminin et le masculin. Par exemple chic@ (pour distinguer chico et chica). Ça s’écrit, mais ça … ne se prononce pas. Belle tentative de noyer la différence sexuelle !

«… a ( tout ce qui du réel du sujet ne s’attrape pas par les moyens du langage)… Ce qui de l’être du sujet échappe à sa représentation par un signifiant… » précise Marie-Jean Sauret dans La bataille politique de l’enfant, érès, 2017.

Cela me semble tout à fait dans la lignée de ce que Lacan cerne dans la séance du séminaire sur L’Angoisse, le 9 janvier 1963 : « Cet objet nous le désignons par une lettre. Cette notation algébrique a sa fonction. Elle est comme un fil destiné à nous permettre de reconnaître l’identité de l’objet sous les diverses incidences où il nous apparait. La notation algébrique a justement pour fin de nous donner un repérage de l’identité, ayant déjà été posé par nous que le repérage par un mot est toujours métaphorique, c’est-à-dire ne saurait que laisser la fonction du signifiant lui-même en dehors de la signification induite par son introduction. Le mot bon, s’il engendre la signification du bon, n’est pas bon en lui-même, loin de là, car il engendre du même coup le mal. » L’objet @, seule invention de Lacan selon son dire, impose ici son sceau d’inachèvement qui fait l’essence même de l’humaine condition. Cet objet non-spéculaire, sans mot et sans image, Lacan le cerne très précisément dans L’objet de la psychanalyse : « Quand l’objet a apparait, s’il y a un miroir, il n’y a rien qui s’y mire ». Les mirettes en sont pour leur frais ! En position d’agent dans le discours de l’analyste

  • qui n’est pas le discours du psychanalyste – il fait appel du côté du sujet à y mettre

du sien, là où le savoir se dérobe et laisse béante la place de la vérité du sujet. Je n’en attends pas moins des lecteurs qu’en tant que bons entendeurs je salue !

Notes

  1. Jacques Lacan, Le séminaire. Livre XXV. Le moment de conclure. 1977-1978, inédit.
  2. Joseph Rouzel, « Un homme à la mère », La lettre mensuelle, École de la Cause Freudienne, Janvier 1999.
  3. Ces détours, linguistique, mathématiques, topologie etc viennent comme forces d’appoint. Mais la psychanalyse ne s’y confond pas. « La psychanalyse n’est pas une science, c’est une pratique.», confirme Lacan dans « Conférences et entretiens dans les universités nord-américaines, Scilicet 6/7, Seuil, 1976.
  4. Sigmund Freud, Prélude à la première édition (1925) de l’ouvrage d’August Aichhorn, Jeunes en souffrance, Champ Social, 2000. En fait Freud parle de « l’apprentissage » de la psychanalyse par un éducateur qui entend s’y référer dans sa pratique. Je l’ai étendu à la formation du psychanalyste, l’expression de Freud « à même son corps » soulignant bien que l’expérience de la cure ne prend effet que du lieu du réel d’un corps parlant. Que l’analysé exerce ensuite lui-même comme analyste ou travailleur social.
  5. Sigmund Freud, « Sur une Weltanschauung », Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Folio- Gallimard, 1989.
  6. Jean-Bernard Paturet, La passion aporétique de Sigmund Freud, Lambert-Lucas, 2018.
  7. Joseph Rouzel, « La saveur du réel », Psychanalyse pour le temps présent. Amour obscur, noir désir, érès, 2002.
  8. Maud Mannoni, La théorie comme fiction, Seuil, 1979.
  9. Jacques Lacan, Le mythe individuel du névrosé, Seuil, 2007.
  10. Questions que j’ai déjà esquissées dans Psychanalyse ordinaire, L’Harmattan, 2016.
  11. Daniel-Paul Schreber, Mémoires d’un névropathe, Points-Seuil, 1985.
  12. Sigmund Freud, « Constructions dans l’analyse », Résultats, idées, problèmes, PUF, 1985.
  13. Sigmund Freud, La technique psychanalytique, PUF, 1999.
  14. Jacques Lacan, Séminaire livre I. Les écrits techniques de Freud, Seuil, 1975.
  15. Voir mon texte « Performance de la clinique » in Le travail d’éducateur spécialisé, 4ème édition, Dunod, 2018.
  16. Dany-Robert Dufour, Le Divin Marché : la révolution culturelle libérale, Folio-Gallimard, 2012.
  17. Roland Gori, La dignité de penser, Actes Sud, 2013.
  18. Jeanne Granon-Lafont, La topologie ordinaire de Jacques Lacan, Point hors ligne, 1986 ; Topologie lacanienne et clinique analytique, Point hors ligne, 1990 ; Jeanne Lafont, Traité sur la parole dans les situations d’aide, érès, 2019.
Citer ce texte

Joseph Rouzel, « Ailleurs. Pratique de la psychanalyse (Le Retrait) », L’@psychanalyse, 31 décembre 2019. En ligne : https://www.apsychanalyse.org/textes/joseph-rouzel-ailleurs-pratique-de-la-psychanalyse-le-retrait (consulté le JJ/MM/AAAA).

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