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Corona, psychanalyse. Petit manuel de survie.


L’irruption sur la scène mondiale du Corona virus dit SARS-COV-2 fait trou dans nos manières de vivre ensemble, de penser, d’échanger etc. Trou dans les pouvoirs, les savoirs, les avoirs. Comment apprivoiser ce trou, subjectivement et collectivement, en border les entours ? Comment prendre la mesure de ses effets politiques, sociaux, économiques, symboliques, sémantiques, psychiques ? Toutes les grandes économies sont touchées. Les lois qui régissent la maison des hommes (oikos/nomos) sont bouleversées. Il y a un désarrimage de nos chaînes signifiantes, qui parfois tournent à vide (avides) et nous endorment. Là, c’est le réveil, brutal. Un moment de crise, au sens premier, crisis : moment de choix, où l’on passe au crible (même origine) nos positions subjectives et collectives. Comment, à partir d’une rupture du réel, lier d’autres signifiants à ce signifiant premier qui fait soudain effraction ? Pour le moment, chacun, dans ses mots, dans ses gestes, dans ses modes de relation, répond comme il peut... Cette effraction du réel appelle à inventer, chacun d’entre nous et tous ensemble. L’irruption du réel vient déchirer les images et les mots qui soutiennent pour chaque sujet sa position dans le monde, parmi les autres. Le réel du virus vient frapper le réel auquel chaque sujet est confronté. Et soudain cette construction s’effondre. La toile bariolée du chapiteau qui nous abritait s’envole. Les semblants vacillent, nous voici mis à nu. Ce moment, Charles Baudelaire l’évoque dans « Mon cœur mis à nu » : moment de destruction/reconstruction. C’est, au sens propre, l’apocalypse, loin des échos millénaristes : mise au grand jour de ce qui était caché, révélation, dévoilement. Devant ce trou laissé béant qui pirate toute forme d’image et de symbole, chacun y va de son propre appareillage. Il s’agit de border et broder là où ça s’effondre. Travail de mineur de fond qui étaye la galerie.


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