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De quoi ça parle ?

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(…) et c’est pour ça que je me suis retrouvé romancier : je veux tout transformer en légende, créer une boucle continue, doubler l’éternité. Marc Pautrel1

Réceptive au discours étrangement alambiqué de l’autre, nous avançons notre nouvelle recherche à partir de cette question : « Comment fonctionne un être parlant le discours fictif d’un tiers possiblement réel pour se pro-mouvoir et se conforter en retour ?

Ainsi présenté, ce discours pourrait être celui imaginaire du romancier attribué à son (ou ses) personnage(s), délivrant un message lié à ses idées ou à sa biographie, une autofiction. Et il nous faudrait alors chercher du côté de l’étude de la littérature pour en expliquer le cheminement. Lorsque cette construction verbale provient d’une personne névrosée, cela nous interpelle. Ce délire, l’utilisation du dire inventé d’un autre, sert à se mettre en avant, à s’élever en valeur et en puissance pour, en même temps, donner corps, sens et réalité à son être. Le tiers imaginaire revêt le rôle d’un questeur quasi-militaire attestant de la bonne véracité et de l’importance du dire du sujet, comme un amplificateur sans faille. Ce porte-voix dégrade, annule, par contrôle, le dire réel d’un interlocuteur en donnant corps, sens et réalité à un alter ego du sujet délirant.

Nous pensons au sycophante de l’Athènes antique, dénonçant allègrement ses concitoyens à la justice, pour s’enrichir et dont le terme s’est affaiblit en traversant les siècles 2. Pour notre sujet, il s’agirait d’une forme de « sycophantasmanie ». Nous tenterons de répondre à cette construction psychique à partir de l’utilisation du langage en général puis par sa résonnance en psychanalyse, car « une fois que vous êtes entré dans la roue du moulin à paroles, votre discours en dit toujours plus que ce que vous n’en dîtes … » 3

Le langage

Les sciences du langage doivent leur émergence à Ferdinand de Saussure, (1857-1913). Ce chercheur suisse a peu écrit, mais a formé des élèves qui ont consigné ses cours. Son travail fut ainsi conservé et transmis : sa connaissance de la linguistique, de la sémiologie et sa théorie du structuralisme font partie de ce leg. Saussure nous donne cette définition :

« Le langage est la capacité qui permet à chacun d’entre-nous de communiquer et

d’interagir avec les autres hommes. »4

Le langage est donc cet outil de transmission et de relation. Mais, dit-il, pour que le langage existe entre les êtres, cinq principes doivent en émerger :

  • Le principe de synchronie et de diachronie
  • Le principe du signifiant/signifié (repris par Jacques Lacan)
  • Le principe d’arbitrarité du signe
  • Le principe de la distinction entre le langage, la parole et la langue locale, du pays.
  • Le principe d’axe paradigmatique et d’axe syntagmatique.

Nous retiendrons pour simplifier notre étude que le langage-parole ressemble à cette balle de ping-pong lancée par l’un des joueurs en vue d’être rattrapée et relancée par le joueur après un rebond selon un temps plus ou moins long. Le Principe de synchronie étudierait lequel des deux joueurs a la balle, à quel moment, comment et où il l’a reçoit et comment et où il la relance, avec cette conscience des éléments aussi qu'ils exercent les uns sur les autres (Saussure). Cette topographie du sens (interne, externe) intéresse la psychanalyse.

Le Principe de diachronie retracerait historiquement la biographie des deux joueurs et de la balle, et comment ils en sont arrivés à se l’échanger ? 5

Son renvoi alternatif met en évidence la nature, l’intensité, la capacité et la dextérité de chaque joueur utilisant ses propres signes en fonction du jeu et de l’adversaire (Principe d’arbitrarité du signe.) Rebondir, c’est répondre à l’autre en ayant au préalable constituer ses propres signes associatifs. Le son, la vue, les sensations produisent un signe venant de l’extérieur et constituent le signifiant émergeant sous la forme de mot, parole, associés. Le pictogramme est l’image signifiante utilisée comme moyen d’échange avec les personnes autistes.

Nous avons observé lors d’un jeu que le corps porte le langage au cours d'une sortie avec l'équipe éducative et les adolescents de la MAS de la Sauvagine. Pendant un pique-nique au bord d'une rivière dans la campagne de Lecques que nous avons pu, par hasard, mettre en évidence ce rapprochement. A l'ombre, nos adolescents se sont assis l'un à côté de l'autre. Debby 6s’est installée un peu plus loin, isolée. Nous nous plaçons assis sur sol, face à eux, et leur demandons de nous renvoyer le petit ballon qui roule au sol jusqu'à leurs pieds. Aucun déplacement n’est effectué de leur part ou de la nôtre pour récupérer et renvoyer le ballon du fait de la seule mobilité supérieure du corps.

LOUIS JULIETTE GARY CHAÏM ALINE DEBBY 7

LE LANCEUR DE BALLE

Il apparaît nettement que la consigne du renvoi de la balle de l'ordre de « la compétence instrumentale » est comprise, admise et mise en acte uniquement par ceux qui utilisent déjà, à divers niveaux et sous diverses formes, le langage.

Par exemple :

  • Louis comprend habituellement toute consigne et se fait comprendre en parlant correctement, bien que lentement, il nous renvoie la balle sans aucun problème.
  • Juliette comprend nos consignes, elle parle peu mais se fait bien comprendre, elle renvoie la balle lancée dans sa direction, sans souci, malgré un problème de vision.
  • Greg est comme Louis tant au niveau du langage qu'au niveau du renvoi de la balle.
  • Chaïm ne s'exprime pas en mots, seulement en expressions posturales, faciales, des mimiques et des regards profonds. Il ne renvoie pas la balle car il n'est pas concerné par le jeu, bien que présent, il est ailleurs.
  • Aline s'exprime comme Juliette, que ce soit en langage ou au jeu.
  • Debby qui s'extériorise souvent par des cris, renvoie nerveusement la balle, sans direction, en criant.

Tous semblent heureux de se prêter au jeu du renvoi de balle, à l'exception de Debby qui semble plus angoissée au milieu de la nature, sans doute cela lui rappelle son vécu au milieu de la vaste forêt. 8 Elle préfère se débarrasser de la consigne, du jeu, plus que d'y participer. La qualité même de leur geste est similaire à la qualité de leur langage.

  • Les porteurs de langage qui énoncent des mots aussi minimes soient-ils, renvoient la balle, selon une distance et la direction correcte, vers le lanceur.
  • Ceux qui parlent distinctement et posément relancent le ballon pareillement.
  • Les deux filles, Juliette et Aline, verbalisent peu, mais elles ont pris du plaisir à répondre à nos sollicitations avec un jet de balle maladroit qui semblait leur apporter de la satisfaction, en attente d'une relance.
  • Pour Chaïm, la balle ne fit aucun retour vers nous, elle devenait un objet inerte lié à aucune articulation prise dans le jeu. Pour lui, ce n’en était pas un, car il n’était pas pris en compte comme tel. Il lui manquait sa représentation, sa symbolisation.

En général, leur capacité d’attention et de relance vers nous était liée à leur capacité d’entrer en empathie sinon en langage avec nous.

Cette mise en jeu d'une interaction ludique du « Je/jeu » en tant que relance du langage est l'ébauche d'un intérêt à poursuivre avec les autistes. Ce processus du langage est basé sur la demande et la réponse, réponse qui ne serait en dernière instance que la répétition de la demande, sa relance, son écho, l’attendu.

Par ailleurs, le corps devient un inducteur puissant de langage. Les postures et les sons émis communiquent à l'autre une intention et servent de support à une interaction soi-autre, de l'ordre du désir et de la pulsion vitale : nous lançons des mots articulés, l'autre les récupère, il les comprend, les reprend, nous les renvoie transformés, différents, enrichis de son propre bagage symbolique, culturel, disponibles. Nous lui renvoyons selon le même « travail » d'élaboration.

Ailleurs, le langage

Ailleurs, le langage restitue cette association, cette articulation, en signifié, manifestation d’un concept ainsi crée, qui peut venir aussi de l’intérieur, pour Saussure, de l’inconscient pour Freud et Lacan.

L’axe paradigmatique est celui des choix lexicaux et de la substitution, par exemple : choisir d’utiliser ce mot plutôt que tel autre ou remplacer ce mot par un autre. Cette chaîne qui concerne le sens, se retrouve en littérature, en poésie, notamment grâce à l’utilisation des métonymies et des métaphores mais aussi en psychanalyse, par les raptus, ces déchirures du maillage de la verbalisation, les lapsus et autres « dérapages » involontaires du langage. L’axe syntagmatique concerne la matière même du langage : les phonèmes forment des unités chaînées, les syntagmes, pour constituer les phrases.

(…) Nous pouvons dire : l’esprit établit deux ordres de liens entre les mots : 1° hors de la parole, association qui se fait dans la mémoire entre mots offrant quelque chose de commun ; crée différentes familles au sein desquelles règnent des rapports très divers, mais rentrant dans une seule catégorie ; (1983), 2° dans la parole, les mots sont soumis à un genre de rapports indépendant du premier et dépendant de leur enchaînement : ce sont les rapports syntagmatiques. (2009).9 Nous voyons trois conditions nécessaires à l’émergence du langage comme communication : qu’il y est de « l’autre », que cet autrui soit en dehors de moi, 10 et que nous ayons, au préalable, convenus de codes, de signes, de sens logique, de règles communes à notre jeu, soit une grammaire, une syntaxe. Si l’un joue au ping-pong et l’autre au football et que les deux joueurs recherchent l’interaction sur le même terrain, lors d’un jeu commun, les règles seront improbables ou créeront un nouveau jeu à définir …

Le sujet : être de langage

Autrui est celui qui est en dehors de moi, der Andere, l’autre personne, pour Freud.

Par ce qui devient un dia-logos, installé entre moi et autrui, se dessinent deux lieux, deux discours et leur lien. Je m’approche d’autrui par la parole, je reçois la sienne, l’écart crée notre présence que le langage atteste. Nous sommes signe l’un pour l’autre, l’un de l’autre. « Le signifié et le signifiant contractent un lien ». 11 Un lien, une tension. Nous répondons en termes de communication et nous répondons de l’autre, en terme de charge signifiante, de responsabilité, d’après Emmanuel Levinas, à la suite du philosophe Martin Buber :

Dans la relation à autrui, l'autre m'apparaît comme celui à qui je dois quelque chose, à l'égard de qui j'ai une responsabilité. De là, l'asymétrie de la relation du Je-Tu, et l'inégalité radicale entre le Je et le Tu, car toute relation avec autrui est une relation avec un être envers lequel j'ai des obligations [...] Dans cette relation à l'autre, il n'y a pas de fusion, la relation à l'autre est envisagée comme altérité. L'autre est l'altérité. 12

« Le langage est à la fois le respect du disparaître, son regret, et en même temps sa substitution qui ouvre à la représentation sans en combler l’absence. »13

« L’essence du sujet comme être de langage » garanti à ce dernier d’entrer de plein-pieds dans la représentation, sa présence au monde en tant que balise, trace, en relation de manque, de perte, de distance avec les objets du monde dans le temps et l’espace. Bernard Salignon pense « L’homme comme moment du monde », de façon cosmologique, en relation avec la Phusis, la Natura. Le sujet articule son désir à partir de son origine, l’envoi, l’Arché, le principe fondateur de la relation homme-au-monde, dont il est issu et qui le cheville au réel, mais l’homme se pense en lui-même et pour lui-même comme être de langage, lié au symbolique et à la représentation réelle, c'est-à-dire vide de toute autre « projet » que de se « pro-je-tais ». Nous parlons pour tenter de nier ce qui se dérobe sans cesse, pour retenir ce qui choit du côté de l’oubli. La mémoire tribale, orale, n’a de cesse de rappeler cette perte. C’est, en somme ce que Ferdinand de Saussure, chercheur et professeur, nous a laissé par sa quasi-absence d’écrits. Que vous dit-il ? Saussure prend cette question comme exemple pour expliquer la variation des catégories, des familles auxquelles le mot se réfère et dont on retient sens qui nous :

Au moment où l'on dit : Que vous dit-il ?

Dans le type général (la famille, l’espace mental, ce que nous avons en tête, lieu du langage)

Que vous dit-il ? ...

Quel est ce Nous... etc…

Nous faisons varier un élément.

« (…) Par conséquent au moment où le syntagme se produit, le groupe d’associations

intervient et, ce n’est qu’à cause de lui que le syntagme peut se former.»14

Notre langage associe non par addition de concepts, de références, mais par choix conscients et inconscients, et donc par élision de tous les autres. Suite aux études de Saussure ces notions d’associations d’idées intéressèrent la psychanalyse débutante. Freud nous conseille ainsi de puiser dans les deux registres.

« Notre unique point d’appui durant nos investigations était jusqu’à présent le critère : être conscient ou inconscient, finalement nous avons vu combien cela peut être multivoque. »15

Les articulations du langage

« Je parle donc je suis »16, le sujet existe parce qu’il parle… Cette phrase exclue l’existence des jeunes enfants 17, des personnes aphasiques, qu’elles soient atteintes d’enrouement chronique, de bouderie passagère, de mutisme durable ou de troubles autistiques … Ce qui nous pose un sérieux problème éthique. Nous proposerons donc à la suite de Jacques Lacan : « Je parle donc je désire » ou « Je parle donc l’Autre est ». L’Autre est altérité pour Lacan, ni ego, (petit a), ni sujet, mais lieu de la parole et du langage, issu du psychisme, de l’inconscient (1955). Quant à l’objet a (il) est l’objet du désir que nous cherchons dans l’autre.18 Nous parlons d’ex-istence mais c’est celle de l’autre prégnante. L’autre à qui je parle est susceptible de concevoir ce désir. Le langage installe cette tension liée au manque dans ce dialogue qui est en soi, mais porté vers « l’autre ». C’est la forme même du langage, en tant que désir de faire ad-venir l’Autre dans l’entre-deux :

Le sujet parlant est le fondement de la rencontre psychanalytique entre le patient et le praticien. Le dire du langage psychanalytique véhicule la présence et l’absence tout à la fois : par la parole, les paroles, mais aussi par le silence, les silences et la variation des éléments. Ces articulations sont nécessaires car elles traversent l’espace symbolique pour aller à la rencontre de l’Autre, former le langage et s’installer dans une relation singulière. L’inconscient s’articule, pour le psychanalyste, sur la capacité de l’âme à produire ou non des « états-conscience » possibles.

Ce n’est donc pas au premier plan la conscience pleine, absolue et lumineuse, puis à l’arrière-plan, à l’ombre, l’inconscient et son « matériel quelconque qui reste mal connu » et qui laisse venir quelque débris à la re-présentation. C’est l’inverse : il y a d’abord l’inconscient royal qui laisse filtrer la conscience à travers l’inconscient « latent », en attente de représentation et qui garde « le refoulé, en soi et sans plus non capable de conscience »19. Ce latent, valet de l’inconscient, prêt à servir son maître, en instance de se manifester, Freud le nomme : le préconscient. Cette manifestation de l’inconscient à se re-présenter passe par le langage, c’est la représentation de mot, (Wortvorstellung), ces traces mnésiques issues de perceptions, internes, enfouies, hallucinées partiellement de l’intérieur, devenant conscientes. Cette « revivification » partielle du souvenir ne dépend pas d’une qualité altérée de la perception externe, mais bien d’un travail d’identification et de coopération envers ce valet, notamment en cure analytique, car « de ce moi, procèdent aussi des refoulements (…) ce qui a été mis de côté par le refoulement s’affronte au moi dans l’analyse et il est assigné comme tâche à l’analyse de supprimer les résistances que le moi manifeste à s’occuper du refoulé ».20

Quel est ce Ça et en quoi ça nous intéresse ?

Pour Freud, contrairement à Groddeck, (Le Livre du Ça) auquel il emprunte la notion, le ça n’englobe pas tout le psychisme humain (conscient, inconscient, système neurovégétatif), mais seulement une partie constitutionnelle du moi, semblable à une résistance inconsciente différente du refoulé. Le moi constitué par le pré-conscient (pcs) et le conscient (cs) est, pour Freud, séparé de l’inconscient (ics). Le Ça, Es, constitué de forces aveugles, inaccessibles à l’analyse, est en proie à des passions inférieures, destructrices, les pulsions de mort prêtes à se décharger. Alors que dans le système inconscient les représentations sont refoulées, dans le Ça, les motions pulsionnelles sont mises en réserve, en « état de latence ».

« Je propose pour en tenir compte d’appeler moi l’être qui a part du système Pc (…), et qui est d’abord pcs, le moi, et pour ce qui est du psychisme autre que lui, dans lequel il se continue et qui se comporte comme ics, de l’appeler comme le fait Groddeck, le ça. » 21

Par son appartenance à l’inconscient et sa « façon multivoque » par lequel il se prolonge, le moi du ça n’est pas une entité unitaire et saisissable. Freud relève le paradoxe de l’inconscient, par définition, sans représentation, sauf à parler de cet état de conscience latente, cet être capable de conscience à un certain moment, par la symbolisation, images oniriques et langage, notamment par la cure analytique. Cette représentation pré-consciente des traces mnésiques susceptibles de devenir conscientes à nouveau, Freud en fait la force qui cède à une certaine émergence, contrairement au refoulé, prototype de l’inconscient.

Cette force est le fond de la résistance psychique du patient. Le moi en est la partie la plus organisée, et la moins résistante, celle qui reviendrait aisément à la conscience par le rêve ou l’hypnose, mais aussi par le symptôme, la re-présentation de maux, soit des états fugitifs sans représentations durables, Ça parle, mais ça parle flou.

Nous reprenons le dessin de Freud sur la représentation du moi extrait de Le moi et le ça (1922-1923) et tentons de l’expliquer.

(Voir page suivante)

Illustration du document original, page 9

Pour l’identification du moi liée à la topique, nous proposons une relecture schématisée à partir d’une dynamique entre le moi en cours d’élaboration et le monde extérieur. Notre parti pris en faveur de cette représentation du moi vient de ce que nous avons relevé plusieurs paradoxes au niveau de l’énoncé de Freud, par exemple, pourquoi nommer « ça » ce qui ne se voit pas, ce qui est « non-connu », appartenant à l’inconscient comme objet sans nom, sans substance, désigné pour être aussitôt dé-montré ? L’explication est la suivante : pour Freud « le moi n’enveloppe pas le ça totalement », ce qui veut dire, en d’autres termes, que le recouvrement du moi sur le ça laisse apparaître des zones opaques et des zones transparentes, des failles. Mais cela veut aussi dire, pour Freud-psychanalyste, que le moi est actif et le ça, passif. Nous proposons : le ça ne se diffuse pas totalement, ne se répand pas complètement, ne se mélange pas intimement dans le moi. Le ça est « en-de-ça » du moi.

Freud place le refoulé au niveau de l’inconscient différencié du ça, nous pensons que le refoulé doit exister au niveau de l’entrée des perceptions externes, vers le Cs-Ps, juste avant qu’elles ne deviennent du matériel Pcs, et que ce pré-refoulé est partie prenante dans l’élaboration du moi. Nous pensons, en effet, qu’il accompagne déjà ces excitations, il doit être présent dans le monde extérieur (éducation, religion, culture) pour devenir ensuite un matériel inconscient, intériorisé en chaque individu ; d’où l’importance du discours ambiant (familial, social, idéologique). Le moi individuel ne peut élaborer aucune résistance ultérieure sans cette entrée subversive, consensuelle, entre lui et le monde extérieur. Cette conscience de la morale : sittliches Bewußstein – par ce percevoir, ce « prendre vrai, Wahrnehmen, ce tenir pour vrai, für wahr halten » – serait, en quelque sorte, issue d’une réalité falsifiée dès son entrée en scène dans la représentation du moi et avant que ne se déclenche le processus d’identification à partir du complexe d’Œdipe.

Ce qui est tenu pour vrai est, pour l’individu, est ce qui est potentiellement acceptable pour l’ensemble de la communauté ayant préalablement établi des règles et des lois. La maturation du moi à venir est basée sur l’acceptation acquise « de droit » de cet axiome. Notre proposition conserve les termes employés par Freud (Moi et ça, 1922-1923) pour un meilleur repérage dans notre étude. Selon lui, le moi ne se limite pas à donner une coloration au ça, il installe le principe de réalité à la place du principe de plaisir, « lequel règne sans restriction dans le ça ». Le moi devient « raison et bon sens » principe de réalité opposé au ça « qui contient les passions ». « Le moi est la partie du ça modifiée sous l’influence directe du monde extérieur par l’intermédiaire du système Préconscient-conscient (…).

A l’œuvre : la puissance du désir, véhiculé de transfert en contre-transfert de l’analyste à l’analysant. Le transfert met en place une méta-identification du moi en recherche d’être. Entre le ça et le moi, l’absence d’objet, cet obscur objet du désir obscur, vecteur d’identification, est-il un signe de puissance narcissique que nous retrouvons dans l’élaboration de la théorie freudienne autour du mythe central de l’Œdipe, comme retour au même ?

La perception d’une vérité du moi

Le premier déplacement d’identification d’objet que le sujet « normal » effectue est lié aux pulsions d’amour et de haine propres au complexe d’Œdipe. A partir de la théorie freudienne du moi, l’objet par lequel se forme le sujet, l’objet libidinal devient l’objet d’identification par déplacement et introjection.

Par cette relation dialectique du sujet au champ de l’Autre le signifiant est vécu par le manque, et c’est de cette béance que surgit, tel un revenant, le sujet de sa signification. La chose est désir

Illustration du document original, page 11

dans l’échange de la parole, elle ne peut être que chose autre. Elle rebondit de signifiant en signifiant. Avec un brin d’ironie, que Lacan ne contesterait pas, nous pouvons dire qu’il y a du moi quand le « Ça y Es ! », c’est-à-dire tant que le sujet désirant atteint sa cible. Es étant le sujet de l'inconscient.

Le Shéma L de Jacques Lacan, le moi et l’autre dans une relation imaginaire évoquée dans le stade du miroir.

La fonction symbolique, co-étant de l’être, ne peut s’exprimer que grâce à « cette béance spécifique de sa relation imaginaire à son semblable (autre), qu’il a pu faire entrer dans cet ordre comme sujet »22. Elle ne vient nullement de sa propre conscience seule, mais par l’inter-relation entre deux inconscients discursifs et plusieurs imaginaires, lorsque l’Autre absolu peut avoir la puissance d’annuler ce sujet ou lorsqu’ « il peut en agir avec lui, c’est-à-dire en se faisant objet pour le tromper ».23

« Le langage, condition de l’inconscient. – L’ensemble de cette instance sur cette fonction qu’il est important de sérier (pour Jacques Lacan) – langage, signifiant, parole vraie, instance de la lettre, lalangue, parlêtre, discours – a pour enjeu majeur de dégager la condition de l’inconscient. Ainsi se confirme que « le langage est la

condition de l’inconscient.»24

La perception d’une vérité du moi, voilée sous « ses identifications aliénantes », loin du sujet véritable de l’Un conscient freudien, ne cesse de se dire et de se dérober comme deux chevaux attelés ensemble, cherchant entre deux allures, sous le joug du harnais, la route vers son inconscient, sa terra incognita.

Illustration du document original, page 12
Illustration du document original, page 12

Yves Reynier, Collage, Sans titre, 2002.

Lorsque le sujet ne peut rencontrer aucun objet à l’extérieur de lui-même ayant pour fonction symbolique de prendre en charge la coupure d’avec le conflit inconscient, ou de le reconnaître comme demande, désir refoulé, nous voyons se développer le symptôme à la place de la rencontre avec le réel. « Il vient du Réel, il est le Réel ». Lacan nomme ce symptôme « le sinthome » (voir le croquis ci-après), avec le retour à l’orthographe ancienne du XIVe, pour le différencier du symptôme classique (signe de dysfonctionnement organique). Ce sinthome serait analysable comme un symbole pris dans une écriture chiffrée, encodée, celui-ci venant au réel comme un langage. Ci-après le schéma proposé par Jacques Lacan.

J

Le Schéma RSI de Jacques LACAN

Ces figures montrent le noeud borroméen, appelé par Lacan "chaînenœud".

Observons que, pour que les trois brins puissent tresser un chaînenœud, il faut que :

  • R surmonte 2 fois S.
  • S surmonte 2 fois I
  • I surmonte 2 fois R.

L'homme ne tient que par leurs liens, leur étroite imbrication tient en cette structure. L’un s’appelle le Réel (R), l'autre le Symbolique (S), et le troisième l'Imaginaire (I). Si nous coupons un des cercles, selon le principe du nouage, les trois se défont. Si l'un vient à ne plus tenir, le nœud s 'effondre sur lui-même, sauf à imaginer un 4e cercle qui s 'appellerait Symptôme et qui signifierait, porterait à la connaissance comme signe, la perte de la tension synchrone. Le symptôme vient comme un tenseur, un signifiant organisateur de la cohésion de l’ensemble. Le sujet sans production symbolique structurante et ne pouvant se relier aux trois dimensions que sont : le Réel, le Symbolique et l'Imaginaire, ne peut se porter vers l'Autre : autre sexe, autre parole, autre image, autre lieu de représentation de soi, soit une altérité qui s'impose à l'ex-sistence comme unité, car ces trois cercles sont bel et bien liés. (Le tracé en gras est celui du symptôme, le sinthome, qui vise à maintenir l’ensemble.)

Le discours fictif d’un Autre

Pour Jacques Lacan, le sinthome est aussi de l’ordre du rapport de l’homme et de la femme puisqu’au centre du langage que ces altérités entretiennent, se tient (ou pas, ab-sens) le phallus. Il y aurait un phallus commun symbolique pour un « sinthome-il » et un « sinthome-elle ». Si Freud traite les relations homme-femme sur le sens du refoulé, du forclos vers l’inconscient, Lacan lui propose ce lieu de rencontre comme possible et unique chance de cette part-ci du langage de venir au réel. Lacan dit par ailleurs : « L’inconscient est structuré comme un langage ». En cas de pathologie lourde (perversion, névroses), ce quatrième cercle s’inscrit comme symptôme « au lieu » du Père, en son nom. C’est lui qui dirige, donne sa loi, au sujet. Lacan écrit par ailleurs : « L’inconscient, c’est le discours de l’autre ».25 (1957).

Comment se substitue le sujet, être parlé et agi par le discours et le contenu de la représentation de l’autre, par le « Ça parle tout seul » à ma place, que nous trouvons chez les psychotiques et les schizophrènes ? La chose présentée rate sa visée puisqu’elle est signe de l’objet en manque de représentation réelle. Elle authentifie l’absence en prenant place à la place du manque. C’est parce que nous sommes signe de quelque chose que nous sommes aussi signe de rien. Ce lieu de vide, gagné sur le sentiment d’infinitude, apeiron, est d’après Freud celui du manque que vient combler l’Autre, le signifiant alter-ego, sur le lieu notamment de la sexualité, mais aussi de la temporalité.

Ce trou, ce manque à l’autre, est constitutif de l’être en tant que contenant qui reçoit et qui borde, qui prend et qui rejette, et à partir duquel se constitue l’être de langage. Nous le retrouvons dans le dialogue, la conversation, l'échange, la correspondance, l’écrit. Nous parlons et nous agissons alors dans l'intention de ce renvoi d'informations, de ce retour attendu, ce désir d’écho transformé par un tiers. L'autre me dit quelque chose sur ma présence réelle. C'est grâce à ce lieu de déplacement des souffles, des énergies de l'un vers l'autre que peut émerger une rencontre entre deux désirs.

Quant au sujet de notre questionnement nous pourrions développer notre étude vers le transfert, « ce bavardage à l’idéal » car c’est bien ainsi que fonctionne cet être parlant le discours fictif d’un tiers possiblement réel pour se pro-mouvoir et se conforter en retour. Le sujet, dans ce cas de « sycophantasmanie », ne se porte pas vers l’autre pour constituer deux êtres distincts de langage, mais s’approprie sa possible représentation pour contrôler la visée du manque. Il nous apparaît cette indifférenciation entre moi/Tout. Le « Je » est : Rien-au-monde, puisque « je » inconstitué, spéculaire, ne s’inscrit pas à la surface du monde parmi les objets du monde, mais reste fixé à la surface du miroir. L’Autre n’existe pas dans le champ du réel. Il est pris dans une narration fictive, invérifiable et devient le sujet mythique. Autre et sujet se confondent ainsi en un Janus se parlant à lui-même, sans contradicteur. Nous serions en présence de cette impossibilité d’énonciation, de dialogue (du grec dia-logos : deux paroles), cette non-rencontre du sujet avec le réel et par conséquence avec l’Autre.

L’Autre n’étant plus sujet, mais lieu du code et trésor du signifiant – et situe le sujet d’une part au croisement de l’identification imaginaire et de l’identification symbolique,

d’autre part dans son rapport structural à l’Autre -pulsion, désir et fantasme.26

Nous serions face à ce que Jacques Lacan appelle « la butée du réel », car le réel viendrait buter à une place où le sujet ne le rencontrerait pas.

Fabienne POTHERAT, Juin 2025.

BIBLIOGRAPHIE

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FREUD, Sigmund, Psychologie des masses et analyse du moi, Chap. VII, L’Identification, Le moi et le ça, Œuvres complètes XVI, 1921-1923, éd. Presses Universitaires de France sous la dir. Jean Laplanche, André Bourguignon, Pierre Cotet, France, 2003, 1ère éd. 1991.

GRAVILLON, Isabelle et al, article Parler pour grandir, dans la revue L’Ecole des parents, N°635, 2020.

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  • Séminaire V, Ça et identification, 4 juin 1958, éd. Seuil.

LEVINAS, Emmanuel, La proximité de l'autre , 1985-1986, in Altérité et transcendance, Éd. Fata Morgana, 1995.

PAUTREL, Marc, La vie princière, éd. Gallimard, col. Folio, Barcelone, 2020.

SALIGNON, Bernard, La cité n’appartient à personne, Architectures, esthétiques de la forme, éthique de la conception, Théétète éditions, Nîmes, 1997.

SAUSSURE, Ferdinand de,

  • Cours de linguistique générale, par ses élèves, éd.1916.
  • Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale. Édition critique, Tullio De Mauro, traduite de l'italien par Louis-Jean Calvet, Paris, éd. Payot, 1972.
  • Saussure (1916), Cours de linguistique générale, éd. Ch. Bally et A. Sechehaye, Paris, Payot.
  • Ferdinand de Saussure : Synchronie, diachronie, panchronie, Peter Wunderli, in Louis Hébert (dir.), 2016. Signo [en ligne], Rimouski (Québec), http://www.signosemio.com/saussure/langue-parole.pdf.
  • Ferdinand de Saussure : Langage, langue, parole », Peter Wunderli, in Louis Hébert (dir.), Signo [en ligne], Rimouski (Québec), http://www.signosemio.com/saussure/langue-parole.pdf.
  • Cours de linguistique générale, Wiesbaden, Harrassowitz, 2, 1968.
  • Second Cours de Riedlinger, Peter Wunderli, in Saussure Studen, Exegeische und wissenschaftsgeschitliche Untersuchingen zum Werk von F. de Saussure, Tübingen, 1981.

ICONOGRAPHIE Schémas

FREUD, Sigmund, La topologie du processus d’identification du moi, in Le moi et le ça 1922-1923, schéma repris par Fabienne Potherat, 2009.

  • LACAN, Jacques, Le chaînenœud ou RSI, Le nœud borroméen, in Séminaire XIX, 8 février 1972.
  • Schéma L, in Séminaire de la Lettre volée, Ecrits,1955, p. 53.

POTHERAT, Fabienne, Les Sauvagins relancent la balle, in Rapport de Stage, MAS de la Sauvagine, Sésame Autisme Languedoc-Roussillon, Mars-Juin 2007.

Image : REYNIER, Yves, Collage, Sans titre, 2002, col. part., avec l’autorisation de l’artiste.

Notes

  1. Marc Pautrel, La vie princière, col. Folio, éd. Gallimard, Barcelone, 2020, p. 49.
  2. Sycophante du latin sycophanta, dénonciateur, du grec ancien συκοφάντης, sukophántês, celui qui dénonce le voleur de figues. Personne qui use de flatterie ou délation pour obtenir un avantage personnel, souvent par mensonge ou tromperie.
  3. Jacques Lacan, Le Séminaire, livre V, Les formations de l’inconscient, 1957, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 18.
  4. D’après le Cours de linguistique générale, par ses élèves, éd.1916. Repris par Tullio De Mauro, Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale. Édition critique, traduite de l'italien par Louis-Jean Calvet, Paris, éd. Payot, 1972. Voir aussi : Saussure (1916), Cours de linguistique générale, éd. Ch. Bally et A. Sechehaye, Paris, Payot.
  5. « La distinction entre synchronie (description d'un état de langue donné) et diachronie (description de l'évolution des données linguistiques) chez Saussure semble être stricte et radicale, le fossé entre les deux domaines insurmontables : la synchronie serait systématique, la diachronie par contre asystématique, ponctuelle, les événements diachroniques les produits du hasard. » Peter Wunderli, Ferdinand de Saussure : Synchronie, diachronie, panchronie, in Louis Hébert (dir.), 2016, Peter Wunderli (2016), Ferdinand de Saussure : langage, langue, parole », dans Louis Hébert (dir.), Signo [en ligne], Rimouski (Québec), http://www.signosemio.com/saussure/langue-parole.pdf.
  6. Les prénoms des adolescents ont été changés.
  7. Les prénoms sont changés.
  8. Compte rendu d'entretien d'accueil, du 23 avril 2001, Sésame Autisme, MAS de la Sauvagine, Vauvert.
  9. Le "Cours de linguistique générale" de Ferdinand de Saussure, publié en 1916 par Bally et Séchehaye, est le texte fondateur de sa théorie linguistique, accessible en format PDF, Signo [en ligne], Rimouski (Québec,http://www.signosemio.com/saussure/sychronie-diachronie.pdf.
  10. Nous revenons plus en avant sur ce point quant à la schizophrénie.
  11. Cours de linguistique générale, Wiesbaden, Harrassowitz, 2, 1968, p. 272.
  12. Emmanuel Levinas, extrait, La proximité de l'autre , 1985-1986, in Altérité et transcendance, Éd. Fata Morgana, 1995, pp. 108-115. (Entretien avec Anne-Catherine Benchelah, dans Phréatique, 1986.)
  13. Bernard Salignon, La cité n’appartient à personne, Architectures, esthétiques de la forme, éthique de la conception, Théétète éditions, Nîmes, 1997, p. 41.
  14. Second Cours de Riedlinger, Peter Wunderli, in Saussure Studen, Exegeische und wissenschaftsgeschitliche Untersuchingen zum Werk von F. de Saussure, Tübingen, 1981, p.83.
  15. Sigmund Freud, Psychologie des masses et analyse du moi, Chap. VII, L’Identification, Le moi et le ça, Œuvres complètes XVI, 1921-1923, éd. Presses Universitaires de France sous la dir. de Jean Laplanche, André Bourguignon, Pierre Cotet, France, 2003, 1ère éd. 1991, p. 263.
  16. Isabelle Gravillon et al, article Parler pour grandir, dans la revue L’Ecole des parents, N°635, 2020, pp. 34-
  17. Enfant : l’infans en latin est celui qui ne parle pas.
  18. Jean-Pierre Cléro, Concepts lacaniens, Article de revue en ligne, Cités 2003, n°16.
  19. Sigmund Freud,, Le moi et le ça, op. cit., p.260.
  20. Idem, p. 262.
  21. Idem, p. 268.
  22. Jacques Lacan, Ecrits I, Le Séminaire sur la lettre volée, in Ecrits, éd. Seuil, 1966.p. 66-67.
  23. Jacques Lacan fait référence ici au discours intersubjectif, en tant que pure relation au signifiant, mettant en jeu la fonction de l’imaginaire de l’Autre, dont « le sujet ne peut rien saisir, sinon la subjectivité même qui constitue un Autre en absolu », du simple transfert à la paranoïa : « Pourquoi me mens-tu, en me disant que tu vas à Cracovie pour que je croie que tu vas à Lemberg, alors qu’en réalité c’est à Cracovie que tu vas ? in Ecrits I, Le Séminaire sur la lettre volée, p. 29.
  24. Paul-Laurent ASSOUN, Lacan, éd. Puf, Que sais-je ? France, 2009, p.47.
  25. Schéma Le chaînenœud ou RSI de Jacques Lacan. D’après le blason des Borromées. 1972.
  26. Jacques Lacan, Le Séminaire, livre V, Les formations de l’inconscient, 1957, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 18.
  27. Paul-Laurent Assoun, Lacan, éd. Puf, Que sais-je ?, France, 2009, p.107.
Citer ce texte

Fabienne Potherat, « De quoi ça parle ? », L’@psychanalyse, 1 août 2025. En ligne : https://www.apsychanalyse.org/textes/fabienne-potherat-de-quoi-ca-parle (consulté le JJ/MM/AAAA).

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