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C@stration, @rgent, @ffaires du sexe, @mour et lien soci@l : le pivot du @ (séminaire du 18 juin 2018)

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Par J. Cabassut1

« Une telle résistance résiste-t-elle à la « modernité liquide » ? Une telle opposition, qui tient de la durée et de la permanence, s’oppose-t-elle à la fulgurance de l’accélération ? Que devient l’œuvre dans le flux et l’être dans le processus ? Ils se disséminent...Ils se différancient... « Quand il n’y a plus de choses, il n’y a plus de monde » écrivait Michel Deguy dans ses Ecologiques... » Baptiste Rappin, « Au régal du management / Le banquet des simulacres », fragment 20, Nice : Les Editions Sovadia, 2017, p 120.

Je voudrais suivre ce soir un double questionnement soulevé à l’occasion du colloque d’Angers « Nouvelles technologies, nouvelles psychologies ? Eduquer, soigner, abuser aujourd’hui » qui a eu lieu en novembre 2017 à L’Université Catholique de l’Ouest.2 Le corps du texte tentera de retranscrire les différents propos échangés, dans le cadre du séminaire du 5 juin 2018. Ce questionnement concerne le rapport au réel du sujet contemporain, lequel s’étend à la dimension de l’éthique dans la régulation du rapport à la jouissance, aux jouissances.

En effet, « Ethos » en grec concerne la recherche d’une bonne manière d’être, la sagesse de l’action (Badiou, 2003, 19-20). Elle renvoie aux mœurs, à la morale via l’établissement de la norme du vivre-ensemble des hommes dans une culture et une époque donnée, tant pour ce qui concerne le sujet de l’individuel que celui du collectif. L’éthique est bien principe de jugement des pratiques d’un Sujet.

Or, l’Ethos contemporain est aujourd’hui déterminé par un discours3 dominant que Lacan nomme « discours capitaliste » (DC)4, et qui a pour particularité, a contrario des autres discours,5 de produire une « forclusion de la castration, un rejet des affaires du sexe et des choses de l’amour ».6 Le DC prend appui sur deux discours, dans ce que M-J Sauret (2008,

  • 49) nomme « l’alliance » entre le discours de la science moderne (Lacan n’aura eu de cesse

que d’en pointer les ravages dans l’avènement du sujet de la rationalité, en l’occurrence scientifique) et celui du Marché. Nous allons trouver la formule, l’objet, la substance, la technologie… qui résoudra le manque à être dit l’un, et nous le produirons sur une grande échelle au sein d’un monde globalisé, afin que personne ne manque de rien, répond l’autre.

Bref, nous observons aisément les effets d’un tel discours dans la qualité du lien social, le rapport d’altérité, le mouvement du Désir, ou les métiers impossibles du soigner, de l’éduquer, du gouverner… Le sujet [de l’individuel comme du collectif] y est bien confronté à une mutation du rapport au réel et un bouleversement éthique, désignable avec Gunther Anders (1956, 22) de “phénomène époqual” : “Est donc dit époqual ce qui définit à chaque fois la nécessité d’une époque, c’est-à-dire chaque mutation de l’essence même de la vérité ».7 Ce sur quoi je voudrais insister aujourd’hui, est que le dit « phénomène époqual » se désigne d’un rapport direct à la Chose, sans médiation par et dans le semblant qu’est en l’occurrence le « @ » … que plus rien justement, n’est en mesure de faire semblant de Chose. L’inflation du rapport aux jouir, implique en effet, la prolifération de « lathouses »,8 ces objets de consommation courantes qui épuisent, en s’y substituant, le @ comme « objet cause du désir ». Bref, la « qualité de semblant » du « @ » lui-même, ce « leurre » ou « trompe l’œil » venant voiler la Chose, est mis à mal. Tel est le lièvre proposé pour cette séance. Cette difficulté est liée, à mon sens, à une transmission du réel par le sujet de la science moderne,9 celle-ci ne se contentant plus en effet d’expliquer mais également de produire et surtout, de transmettre la Chose même. Précisons : la spécificité de la science moderne est qu’en compagnie de l’art et de la religion, elle constitue un des grands paradigmes de la sublimation10 (Zupancic, 2002, 63-75).

Rétablir une distance à la Chose, restaurer le semblant pour retrouver un rapport éthique à l’impossible du réel, n’est-ce pas rétablir l’objet @ pour le sujet contemporain ? Bref, quel antidote à la transmission même du réel, à un rapport moins direct à la Chose, nous est-il administrable, et ce en évitant l’écueil de la surproduction capitaliste du « Lathouse » ?

Hors sens et transmission du réel

Afin de proposer quelques ouvertures à mon questionnement, je vais m’appuyer abondamment sur le formidable ouvrage de Zupancic « Esthétique du désir, éthique de la jouissance ». L’auteure y précise que dans une conception moderne en effet, l’art, la religion et la science sont les grands paradigmes de la sublimation. Au sein de ces trois grands fleuves paradigmatiques, l’abord et l’articulation du réel peuvent se caractériser au travers du couple différentiel suivant :

  • Accessibilité / Inaccessibilité soit la fonction du sens et du non-sens du réel.
  • Immanence / Transcendance soit la dimension du savoir à partir duquel, d’un point transcendant ou d’un point immanent à la situation, le réel fait sens ou non.

Zupancic désigne l’accomplissement du paradigme de la transmission [ou « effet scientifique »], dans cette présupposition que tout du réel peut-être formulé dans le symbolique. Mieux, que cette formulation ou formule, est le réel même de la nature ou de la réalité à laquelle elle se réfère : toute Chose peut être traduite dans l’ordre signifiant. Pour la Science en effet, la Chose n’existe pas. Le semblant de la Chose, n’est que l’effet de la défectuosité ou de l’insuffisance [temporaire et empirique] de notre savoir (ce que la précision précédente quant au sujet de la science, confirme). Le statut du réel est donc ici celui de quelque chose qui n’est pas seulement immanent mais aussi accessible [tout au moins en principe], soit le statut de quelque chose qui fait sens [et ce à partir d’un point immanent à la situation].

Au risque de me répéter, je précise à nouveau ce versant de la science qui ne se contente pas d’expliquer le réel, mais qui commence à le créer et donc à le transmettre11 ; celui qui permet d’incorporer monstrueusement parfois, le réel de la Chose même, comme par exemple Dolly le mouton cloné. Dans cette perspective, le non-sens du réel est englobé par un autre réel, que la science crée elle-même. Dès lors, le symbolique dans lequel on traduit le réel devient lui-même réel, il commence à fonctionner comme tel.12 Prolifération assurée des comités d’éthique [du vivant, de la communication, des droits de l’homme, de l’être-ensemble etc….] alors conçue comme « un principe de rapport à ce qui se passe » (Badiou, 2003, 20)… Et comme nous sommes confrontés à une accélération scientifique exponentielle de ce qui se passe, au sein d’une suppression du sujet éthique et singulier nécessaire à la fabrique scientifique (Askofaré, 2013, 15-16), nous voilà engloutis, croulant sous la « lathouse » et « une inflation socialisée de la référence à l’éthique » (Badiou, 2003, 21), qui va de pair avec le processus d’imaginarisation [du réel] que véhicule le symbolique, dans sa forme minimale de cotation, de numérisation et de transmission de ce dernier. Rappel : lorsque tout le symbolique devient réel, n’est-ce pas là, la signature [lacanienne] de la psychose ?

Deux exemples de mutation et de traitement de notre rapport au réel

1° Le réel de la mort

Un dossier « Télérama »13, nous présente le site « Eterni.me », qui propose la création d’un avatar digital capable de survivre à la mort biologique. Les Américains abonnés à « Eternity message » concoctent ainsi des courriels dont l’envoi peut être programmé longtemps après leur disparition. Au Japon, il suffit au futur défunt de télécharger l’application « Spot message » sur son téléphone, pour pouvoir enregistrer avant sa mort jusqu’à dix messages [au-delà c’est payant !].

Cette technologie rend également possible d’envisager que nous soyons présents lors de nos propres funérailles, sous forme holographique. La tentation est grande alors, de faire comme si le mort n’était pas mort, ce qui n’est pas sans entraver le travail de deuil, celui de la commémoration et de l’organisation de l’oubli mémoriel14, tout en nous encombrant de la question impensable de l’identité post-mortem.15

2° Le réel de l’argent et du temps

Les transactions à haute fréquence, ou trading haute fréquence [THF ou HFT, de l'anglais high-frequency trading], sont l'exécution à grande vitesse de transactions financières faites par des algorithmes informatiques. C'est une des catégories du « trading automatique » [basé sur la décision statistique à l’instar du DSM], laquelle gère de plus en plus les données boursières à la manière d'un big data devenu inaccessible à l'analyse humaine et bancaire traditionnelle.

Ces opérateurs virtuels de marché peuvent ainsi exécuter des opérations sur les marchés financiers —les bourses ou des marchés de gré à gré — en quelques microsecondes. Alors que la vitesse de transaction du THF était encore de 20 millisecondes à la fin de la décennie 2010, elle est passée à 113 microsecondes en 2011 (Source Wikipédia).

Il faut savoir que 85 % des principales bourses mondiales sont désormais des marchés à ordre limité entièrement électronique sans lieu d'échange physique (Jain, 2005) : le THF représente 90 % des ordres et 40 % du volume des transactions ; depuis 2009, ces chiffres ont été multipliés par trois en 3 ans sur l’Euronext (Source Wikipédia). Cette pratique récente est devenue dominante vers 2005 aux États-Unis, puis structurante dans le système boursier international en quelques années, en posant de nouveaux problèmes réglementaires et éthiques.

Ainsi, impossible d’exercer une activité de contrôle-vérification des transactions-opérations boursières : l’écran ne peut afficher, au regard de l’humain qui l’examine, un instantané du « réel », du fait de la rapidité et de l’importance du flux continu de celles-ci. L’angoisse généralisée porte évidemment sur les risques de bug et autres pannes informatiques [éventuellement causées par un afflux de transactions ou de requêtes de cotations], ainsi que sur le risque de défaut de conception ou d'erreur de spécification ou de codage algorithmique [qui pourrait induire un mouvement boursier aberrant, comme cela s'est passé lors du Flash Crash de 2010 ou lors de la quasi-faillite de « Knight Capital Group » le 1er août 2012 (Source Wikipédia).

Bref, il s’agit d’une véritable abolition du temps par son accélération exponentielle, ainsi que du changement du statut même de l’argent16 par la dématérialisation et le flux constant et infini qui l’accompagne. Nous sommes bien loin, du crime et du péché d’usure, qui consistait à voler Dieu (Le Goff, 2010, 31)17. Que vend-il en effet, cet usurier, sinon le temps qui s’écoule entre le moment où il prête et celui où il est remboursé avec intérêts ? Or, le temps n’appartient qu’à Dieu (Le Goff, 2010, 49-50). Il faut croire que la puissance capitaliste aura supplanté le pouvoir religieux...18 Récapitulons : ces deux exemples de mutation de transmission et de création du réel par la révolution numérique, sont eux-mêmes signes du phénomène époqual évoqué. Quel antidote à la transmission-mutation du réel est-il alors administrable au sujet [de l’inconscient et du social-politique] contemporain ?

De l’absurde du réel

Puisque la psychanalyse n’est pas sans emprunter à la science moderne comme à sa consœur antique... Et à suivre également l’adage d’Hölderlin, selon lequel « dans le plus grand péril croît aussi ce qui sauve », c’est donc en s’inspirant du même procédé, celui d’une transmission du réel mais sur son versant de non-sens drôle et absurde cette fois, que nous pourrions trouver notre salut. Nous connaissons bien en effet, les rapports de l’inconscient au trait d’esprit [Witz] ou à l’humour. Le mouvement Dada, ce traitement (littéraire et artistique) par l’absurde de la boucherie imbécile de 14-18 et de son abjection réelle, nous enseigne également la vertu subversive comme subjectivante, crée par cet autre paradigme de la sublimation qu’est « l’effet comique ».

Du coup, je ne peux que renvoyer le lecteur à l’émission culturelle « Tracks », diffusée le 10/11/2017 sur Arte. Il y aura été question d’« Hackacon ». En voici quelques extraits : « Programmer des lunettes à réalité augmentée pour pouvoir vomir sur commande, programmer une « appli » qui bombarde de plus non-stop ... autant d’idées à la con qui ont désormais leur festival de l’inutilité : le Hackacon [Bastien et Camille, deux français, sont les organisateurs de l’évènement] est le contrepied du Hackathon, marathon, messe digitale qui propose à des programmateurs de résoudre un problème en un week-end ». Comment ce festival de la connerie numérique nait-il ?

« En 2007, l’artiste et programmateur Sam Lavigne crée à New York le premier « stupid ackathon », qui sera relayé depuis à Toronto, Berlin Amsterdam ou Paris [juin 2017]. Près de Bastille une quarantaine de geek ont 48 heures pour trouver une idée à la con19. Une fois celle-ci trouvée, un véritable « plan com » se définit [spot de pub, etc]. Citons pour exemple le produit « Miettissimo Pro », qui permet de salir la table avec des miettes, comme si l’on était à plusieurs dans une convivialité familiale. Il peut encourager l’endettement des enfants dans l’achat du dit produit, ce qui n’est pas sans porter la connerie au pinacle ! » L’idée est ainsi de questionner notre monde et d’avoir un regard critique par rapport au déluge du numérique. Bref, d’interroger le « phénomène époqual », et de dénoncer le « solutionnisme » [capitaliste] technologique20 car avec l’internet des objets, la course à l’inutile passe au stade suprême : les hackeurs ne sont pas loin de la réalité lorsqu’ils vendent des appli 100% inutiles.

L’antidote propre au « Hackacon » se précise : il s’agit de rétablir « l’effet comique » et la solution par l’amour.

De l’absurde à l’effet comique et à la solution par l’amour21

Les frasques du « Hackacon » rétablissent en effet un certain rapport au réel, un réel accessible en tant que pur non-sens [ce qui constitue la matière de toute comédie] autant que transcendant. Si nous prenons l’exemple du film « Le dictateur », nous comprenons que Chaplin nous permet de voir la différence entre un pauvre acteur et la photo d’Hitler qui n’est que ce même acteur ; que cette différence, que nous voyons réellement, est du pur non-sens car elle n’existe pas réellement. Elle a néanmoins, une fonction ou « apparence transcendantale », soit cette dimension que le rire ne dissipe pas, mais qu’il illumine et localise. Cette différence n’est nullement une fausse représentation de quelque chose [leurre ou illusion d’optique], mais présuppose justement l’absence de l’objet empirique qu’elle fait voir. Bref, quelque chose apparait, là où rien ne devrait apparaitre. Elle est à la place du rien, du vide de la Chose. Elle est donc quelque chose en plus, à l’instar des comiques trouvailles de l’« Hackacon ».

Ainsi, Chaplin au lieu de nous montrer la Chose, nous montre-t-il deux objets ridicules, deux objets @, deux semblants de celle-ci. Il ne nous montre pas la Chose et son semblant ou le réel et son double, non pas Hitler et un barbier juif... mais Hinkel, ce personnage au nom fictif, et le barbier. Et le fait d’introduire deux semblants, a pour effet de rendre palpable la différence minimale entre les deux dans la production du réel, et ce, à partir du montage de deux semblants. Notons le rétablissement de la transcendance et de l’accessibilité au réel, a contrario des exemples précédents. Rajoutons qu’un tel montage est également à l’œuvre dans l’amour, sur la scène même du rapport amoureux [l’amour n’implique-t-il pas la construction d’une scène ?], puisque ce dernier consiste à apercevoir simultanément les deux objets [objet ridicule + objet sublime] en tant que constituant la scène même ; bref, on s’aperçoit que l’autre comme objet banal [du quotidien] et l’autre comme objet de désir [extra-ordinaire] ne font qu’un, exactement comme la photo où l’acteur d’Hitler et Hitler ne font également qu’un. Tous les deux sont des semblants et aucun n’est plus réel que l’autre !

L’amour rend accessible le réel du désir [alors que le désir est toujours l’entre deux du désir, soit la rencontre de l’objet a à la place de la Chose]. Et pour cause : cet autre qu’on aime, n’est aucun des deux semblants, mais il ne peut non plus en être séparé, puisqu’il résulte justement du montage réussi des deux. L’on saisit mieux alors, en quoi l’amour vient suppléer au manque du rapport sexuel, sans pour autant abolir le manque, ni ma propre jouissance rajoute Zupancic : aimer l’autre tout en désirant ma propre jouissance est au cœur de la relation d’amour. L’on comprend également qu’à ce titre, il n’est pas sans humaniser la jouissance [le réel du désir], et qu’il s’avère être alors, une sublimation. L’amour seul, ne permet-il pas à la jouissance de « condescendre au désir » comme le propose Lacan lors de la Leçon du 13 mars 1963 du Séminaire sur l’Angoisse ?

Cette restauration de l’amour et de l’effet comique dans le rapport au réel, semble se constituer en un axe majeur de résistance à l’alliance entre le discours de la science moderne et le discours de marché, au fondement des technosciences (Sauret, 2008, 49) et de la révolution numérique ; ou pour le dire autrement, ce rétablissement de l’amour et de l’humour, face à ce qui constitue les nouveaux maîtres pervertis22du lien social contemporain, permet peut-être sur nos différentes scènes d’amour de transfert [à l’université, à l’hôpital, à l’école, dans la vie politique, au sein des associations de psychanalystes ...] de procéder à un meilleur traitement de notre rapport au réel... A l’endroit de tant de mutations sauvages et autres tentatives d’extinction du sujet de l’inconscient et des trois métiers impossibles freudiens [soigner, éduquer, gouverner] qui lui correspondent, il s’agirait d’accomplir au mieux cette subversion subjective, afin de résister à cette « modernité liquide » citée en exergue, donc à cette compétition des produits et des pratiques, comme à l’invocation à faire de la scientificité supposée dans tous les domaines de la gestion économique et sociale, jusqu’aux pratiques thérapeutiques (Soler, 2011, 94-95). 23 Il me semble que cette proposition s’ajuste comme un gant à celle de M-J Sauret, lorsqu’il écrit en compagnie de Zapata (2016, 263-276) : « Avant de faire tomber le capitalisme comme mode de production et de consommation, il faut mettre le capitalisme, comme discours, comme lien social, « hors de soi ».

Bibliographie

Anders, G. (1956). L’obsolescence de l’homme. Edition Ivréa – Editions de l’encyclopédie des nuisances, Tr. Française, 2002.

Badiou, A. (2003). L’Ethique. Essai sur la conscience du bien et du mal. Calvados : Editions Nous.

Bruno, P. (2017). Editorial : La ou Le. L’être du pari, Bulletin « L’être du pari », Association « Le pari de Lacan », N° 1, 8 juin 2017.

Cabassut, J. (2018). « Footaises » / Essai : Psychanalyse, Politique, Lien social, … Images et Ballon rond. Paris : L’Harmattan, A paraître.

Cabassut, J. (2017). Bonjour l’institution ! / Formation, Supervision et pratiques en clinique institutionnelle : Freud, Marx, Lacan, Oury, Tosquelles et quelques autres...Nîmes : Champ Social éditions.

Fédida, P. (2007). Humain / déshumain. Pierre Fédida, la parole de l’œuvre. Paris : PUF, P.B.P.

Lacan, J. (1971-1972). Le savoir du psychanalyste. Entretiens de Sainte Anne. Inédit, Leçon du 6 janvier 1972.

Lacan, J. (1969-1970). Le Séminaire, Livre XVII, L’envers de la psychanalyse. Paris : Seuil. Lacan, J (1962-63). Le Séminaire Livre X, L’angoisse. Paris : Seuil, 2004. Le Goff, J. (2010). « La bourse et la vie - Economie et religion au Moyen Age », Paris : Arthème-Fayard, Pluriel.

Sauret, M-J, et Zapata, C. (2016). Entre science et psychanalyse : clinique, éthique, politique ». In Cliniques Méditerranéennes, Improviser en psychanalis(t)e, N° 93. Toulouse : Erès Editions. Sauret, M-J (2008). L’effet révolutionnaire du symptôme. Ramonville Saint Agne : Erès, Humus.

Soler, C. (2011). Les affects lacaniens. Paris : PUF.

Zupancic, A. (2002). Esthétique du désir, éthique de la jouissance. Nîmes : Champ social Edition.

Notes

  1. Jacques Cabassut est Psychanalyste [l’@psychanalyse], Professeur de psychopathologie clinique à l’Université de Nice Sophia / UCA, membre du LIRCES [Laboratoire Interdisciplinaire Récits Cultures et Sociétés EA 3159]. Aujourd’hui superviseur (Analyse des pratiques, régulation d’équipe, Analyse institutionnelle), il a été auparavant psychologue clinicien dans le champ de la Santé, du Social et du Médico-social.
  2. « Nouvelles technologies, nouvelles psychologies ? Eduquer, soigner, abuser aujourd’hui ». Colloque international des 15,
  3. et 17 novembre 2017. Organisé par l’équipe d’accueil EA 4050, Direction Pr Patrick Martin Mattera, Recherches en psychopathologie : nouveaux symptômes et lien social / Equipe Recherches en clinique psychanalytique, processus psychiques et esthétiques. UCO d’Angers, Amphi Fauvel, 3 Place André Leroy, 49000 Angers.
  4. Le discours s’entend comme une structure langagière muette qui oriente et détermine la prise de parole du sujet qui, nécessairement, s’y insère. Il permet de nouer subjectivement RSI, psychologie individuelle et psychologie sociale, Sujet de l’individuel et sujet du collectif dans le rapport à l’Autre, aux autres et à soi-même, en particulier pour ce qui concerne le rapport au corps.
  5. Selon les travaux de Max Weber concernant la théologie protestante (cf. « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme » 1904 et 1905), la réussite et « l’enrichissement terrestre » sont à interpréter comme don de Dieu. Cet éthos accompagne l’essor du capitalisme, qui d’une certaine façon, l’a fait élire. Il faut donc relire les travaux de Dany-Robert Dufour (2007 – 2017) qui nous fait redécouvrir la « Fable des abeilles » de Bernard Mandeville, médecin-philosophe du XVIIIème, oublié(e) par Weber. On ne peut plus à partir d’elle, penser le capitalisme comme ascétique, rigoriste, autoritaire, puritain et patriarcal. La maxime princeps de la fable précise en effet que « les vices privés font la vertu publique », le bonheur étant défini selon l’utilitarisme philosophique, comme la maximisation des vices privés (ou des plaisirs) et ce dans la logique sacrificielle des pauvres au profit des plaisirs des riches (Dany-Robert Dufour, 2017, 12). Cabassut, « Footaises », 2018-2019, A paraître.
  6. La théorie des discours comprend, outre le discours capitaliste (DC), quatre discours qui sont : le discours du Maître (DM), Hystérique (DH), Universitaire (DU) et le discours Analytique (DA).
  7. « Ce qui distingue le discours du capitaliste est ceci – la Verwerfung-, le rejet en dehors de tous les champs du symbolique, avec les conséquences que j’ai déjà dites, le rejet de quoi ? De la castration. Tout ordre, tout discours qui s’apparente du capitalisme laisse de côté ce que nous appellerons simplement les choses de l’amour, mes bons amis ». Lacan, Séminaire « Le savoir du psychanalyste », Leçon du 2 décembre 1971.
  8. Auschwitz en son temps, aura également désigné un tel bouleversement, comme le rappelle le séminaire posthume de Pierre Fédida « Humain – Déshumain » (2007). La rationalité de la production industrielle d’une mort sans sépulture, l’avènement des sciences médicales et du taylorisme assassin, ne cesse de nous renvoyer depuis, au paradigme effractif ou plutôt incendiaire de la science moderne et au sujet qui le caractérise (Cabassut, 2017).
  9. "Le monde est de plus en plus peuplé de lathouses". Ce sont "des menus objets petit a que vous allez rencontrer en sortant sur le pavé à tous les coins de rue, derrière toutes les vitrines, dans ce foisonnement de ces objets faits pour causer votre désir, pour autant que c'est la science qui nous gouverne". (Lacan, 1969-70). La lathouse serait l'objet de consommation.
  10. A distinguer de la science antique puisque le génie de Freud est d’avoir construit « sa » clinique un pied dans la science moderne, l’autre dans la science antique A titre d’exemples, évoquons rapidement l’amour de transfert et la « science » des rêves. Freud aura empêché que la psychanalyse ne s’abîme dans l’idéal de scientificité, du fait de maintenir vivant l’incurable des « passions humaines » (Cabassut, 2017).
  11. La définition canonique de la sublimation, est celle d’un détournement du but de la pulsion vers une activité socialement élevée. L’élucidation de ce concept par Freud n’a jamais vraiment été achevée (à la fois défense du moi contre l’effraction du sexuel pulsionnel mais aussi mode de défense contre la décharge directe et totale de la pulsion / Expression positive la plus élaborée et socialisée de la pulsion et moyen de défense capable de tempérer les excès et les débordements de la vie pulsionnelle /cf. Nasio, 1992, 118)
  12. « Ce qui donne à la science sa plus grande force qui n’est pas d’expliquer le réel ni de le transformer en symbolique mais de le transmettre en tant que réel » (Zupancic, 2002, 65).
  13. Exemple de la formulation mathématique ou de la formule chimique : l’eau cela veut dire H2O (Zupancic, Ibid).
  14. Dossier « Ma vie de fantôme numérique », par Marion Rousset, Télérama 3538 du 01/11/17, pp 21-22 : En 2014 au cœur de la Silicon Valley, (Baie de San Francisco / Californie) une équipe d’entrepreneurs en lien avec l’institut technologique du Massachusetts (MIT) lance Eterni.me, un site qui propose à ses abonnés de collecter un maximum d’information les concernant, notamment à partir de ce qu’ils auront publié de leur vivant sur les réseaux sociaux (mails, etc...) ; le but est de créer un avatar digital capable de leur survivre. Ainsi, fin 2016, une mise au point d’une application pour smartphone baptisée « Replika » a été effectuée. Ce procédé technique n’est pas sans alimenter le fantasme d’éternité par la quantité de données personnelles qui façonnent notre identité numérique. Malgré l’existence d’un droit à la mort numérique inscrit dans la loi française depuis le 7 octobre 2017, « une vie sociale numérique peut se poursuivre après la mort ».
  15. En consacrant une journée (la toussaint ou le 11 novembre par exemple) à la mémoire des morts, des disparus au combat, les vivants sont « autorisés » à les oublier les 364 jours restants. 15Les fantômes 2.0 peuvent être encombrants : « Les morts nous lèguent quelque chose à faire. Pour continuer l’héritage ou au contraire rompre avec la tradition, on doit réaliser certains gestes ou certaines tâches. Quand ils résistent tant à laisser la place, les vivants ne peuvent plus l’accomplir ». (Télérama, Ibid)
  16. D’un point de vue psychanalytique, c’est un effondrement de l’étalon symbolique que représente l’argent. Ce dernier n’est plus phallus symbolique pour le sujet. En effet, le phallus dans l’équivalence freudienne (argent = pénis = fèces = cadeau) est symboliquement échangé contre d’autres objets équivalents, ce en quoi il se désigne comme valeur-étalon.
  17. Se reporter à : Jacques Le Goff, « La bourse et la vie - Economie et religion au Moyen Age », Paris : Arthème-Fayard, Pluriel 2010.
  18. « Quel phénomène offre plus que l’usure, durant sept siècles en Occident, du XIIème au XIX ème, un mélange détonant d’économie et de religion, d’argent et de salut – figure d’un long moyen âge, où les hommes nouveaux étaient écrasés sous les symboles antiques, où la modernité se frayait un chemin parmi les tabous sacrés, où les ruses de l’histoire dans la répression exercée par le pouvoir religieux, trouvaient les instruments de la réussite terrestre. L’usure constitue en quelque sorte « l’accouchement du capitalisme » (Le Goff, 2010, 31).
  19. Aurélien Fage l’aura trouvée. Installé à Paris il imagine des applications dont la suivante : alors que Thomas Pesquet est en orbite, il profite d’une exposition consacrée au numérique à la grande halle de la villette, pour présenter son « Sex Toy » qui vibre dès que le spationaute passe au-dessus de l’hexagone...
  20. Mettre techniquement en lien des chômeurs avec des employeurs évacue en effet toute dimension politico-sociale ...
  21. Ce paragraphe cite à nouveau Zupancic (2002), en particulier p 68 et p73.
  22. Le discours de l’universitaire, est un avatar du discours du maître ; mais, a contrario du véritable, c’est un maître qui ne dit pas son nom bien qu’il se retrouve au poste de commandement. Lacan le qualifie de discours perverti du maître (Soler, 2011,
  23. Ce qui va bien sûr caractériser le domaine de l’expertise, mais produire aussi, contre réactionnellement parlant, des gourous paranoïaques divers et variés !
Citer ce texte

Jacques Cabassut, « C@stration, @rgent, @ffaires du sexe, @mour et lien soci@l : le pivot du @ (séminaire du 18 juin 2018) », L’@psychanalyse, 16 juillet 2018. En ligne : https://www.apsychanalyse.org/textes/jacques-cabassut-castration-argent-affaires-du-sexe-amour-et-lien-social-le (consulté le JJ/MM/AAAA).

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