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Entretien avec Jacques Sédat (Marc-François Lacan, frère de Jacques)

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La Direction du journal « La Croix »

ne nous ayant pas donné l'autorisation de reproduire le remarquable

Entretien avec Jacques Sédat

paru le mercredi 25 avril 2001

Lacan l'inventeur du « réel »

Nous portons seulement au public la lettre du 3 décembre 1982 de Marc-François Lacan à Jacques Sédat,

Ø

« Il a cherché à traverser le miroir »

Frère de Jacques Lacan, Marc-François Lacan était bénédictin. Voici un extrait d'une lettre adressée par lui à Jacques Sédat, le 3 décembre 1982.

Un fait est à rappeler : Jacques, au début de sa carrière, a pendant un certain temps signé : Jacques-Marie, puis Marie a disparu de la signature. Quelqu'un pourrait-il donner le sens de ce fait ? En tout cas, il en a un.

D'autre part, un autre fait est évident : Jacques a, toute sa vie, cherché à traverser le miroir, cherché le vrai, dont tous les miroirs ne procurent que l'illusion.

Le vrai au sens biblique : non pas le vrai, qualité de la pensée, mais le vrai qui donne sens à la vie et est au-delà de toute pensée, le vrai qui est le réel.

Ma relation à mon frère se situe au cœur de cette quête qui implique le refus du savoir comme moyen d'accès à ce réel. Notre amitié de toujours était reconnaissance mutuelle de deux personnes en quête du réel ; et je crois qu'il m'a initié à cette quête.

J'ai choisi mon chemin, alors qu'il en avait choisi un autre. [?] Quelle relation entre mon frère et la tradition chrétienne ? Voilà la question qu'il faut poser. Est-il possible d'y répondre ?

Voici au moins des jalons indiquant la direction dans laquelle il faut la chercher.

La tradition chrétienne donne à la personne une place qu'on peut dire fondamentale. Dans la lumière de cette tradition dont il a cherché à avoir une connaissance profonde, Jacques a cherché à être, non un saint, mais une personne.

Une telle recherche comporte des exigences - des exigences éthiques- et quelles exigences ! Être une personne, implique les relations dans lesquelles la tradition chrétienne place "le Père" que Jésus nous a appris à nommer. (...) Être une personne exige d'un homme qu'il se situe par rapport au père, qu'il prenne conscience de cette relation "fondamentale" qui fait de lui un homme. Et une autre prise de conscience est nécessaire : celle de la dimension que Freud a nommée "inconscient". Mon frère a voulu explorer l'inconscient, précisément pour être une personne.

Et dans la tradition chrétienne, la dimension de la personne qu'est l'inconscient n'était pas nommée ainsi, mais elle était présente sous le nom de mystère. » [?]

Marc-François Lacan (1907-1994)

Citer ce texte

Marc-François Lacan, « Entretien avec Jacques Sédat (Marc-François Lacan, frère de Jacques) », L’@psychanalyse, 31 juillet 2023. En ligne : https://www.apsychanalyse.org/textes/marc-francois-lacan-entretien-avec-jacques-sedat-marc-francois-lacan-frere-de (consulté le JJ/MM/AAAA).

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